Partager l'article ! Compostelle - Le 7ème jour - Bussunarits/St Jean Pied-de-Port: 7ème jour : Samedi 22 Avr ...
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par le "CAMINO FRANCES"
jour après jour,
choisissez les étapes
dans la liste ci-dessous :
Le 1er jour :
Monfort/Habas
Le 2ème
jour :
Habas/Sauveterre
Le 3ème jour :
Sauveterre/ Saint-Palais
Le 4ème jour :
Saint-Palais/Ostabat
Le 5ème
jour :
Ostabat
Le 6ème
jour :
Ostabat/Bussunarits
Le 7ème jour :
Bussunarits/St-J-Pied-de-Port
Le 8ème jour :
St-Jean-Pied-de-Port/Hunto
Le 9ème
jour :
Hunto/Roncevaux
Le10ème :
Roncesvalles/Viscaret
Le 11ème
jour :
Viscaret/Zubiri
Le 12ème jour :
Zubiri/Pamplona
Le 13ème jour :
Pamplona/Uterga
Le 14ème jour :
Uterga/Lorca
Le 15ème jour :
Lorca/Estella
Le 16ème jour :
Estella/Villamayor
Le 17ème
jour :
Villamayor/Los Arcos
Le 18ème jour :
Los Arcos/Viana
Le 19ème jour
:
Viana/Navarrete
Le 20ème jour :
Navarrete/Najera
Le 21ème jour
:
Najera/Santo Domingo
Le 22ème jour :
Santo Domingo/Belorado
Le 23ème jour
:
Belorado/S-Juan-de-Ortega
Le 24ème jour :
S-Juan-de-Ortega/Burgos
Le 25ème jour
:
Burgos/Hornillos
Le 26ème jour :
Hornillos/Castrojeriz
Le 27ème jour
:
Castrojeriz/Boadilla
Le 28ème jour :
Boadilla/Carrion
Le 29ème jour
:
Carrion/Calzadilla de la C.
Le 30ème jour :
Calzadilla/Sahagun
Le 31ème jour
:
Sahagun/Calzadilla de los H.
Le 32ème jour :
Calzadilla/Mansillas
Le 33ème jour
:
Mansillas/Leon
Le 34ème jour :
Leon/Villar de Mazarife
Le 35ème jour
:
Villar de M./Hospital de Orbigo
Le 36ème jour :
Hospital de Orbigo
Le 37ème jour
:
Hospital de Orbigo/Astorga
Le 38ème jour :
Astorga/Rabanal
Le 39ème jour
:
Rabanal/Riego de Ambros
Le 40ème jour :
Riego/Cacabellos
Le 41ème jour
:
Cacabellos/Vega de Valcarce
Le 42ème jour :
Vega/Hospital da Condesa
Le 43ème jour
:
Hospital da Condesa/Triacastela
Le 44ème jour :
Triacastela/Sarria
Le 45ème jour
:
Sarria/Portomarin
Le 46ème jour :
Portomarin/Palas de Rei
Le 47ème jour
:
Palas de Rei/Ribadiso de Baixa
Le 48ème jour :
Ribadiso de Baixa/Santa Irene
Le 49ème
jour :
Santa Irene/Santiago
Le 49ème jour (suite) :
Santiago de Compostelle
Le 50ème jour :
SANTIAGO DE
COMPOSTELLA
Le 51ème jour
:
Santiago/Negrera
Le 52ème jour
:
Negrera/Olveiroa
Le 53ème jour
:
Olveiroa/Finisterra
Et vous ?? d'où venez-vous ??
Vers Compostelle
par la voie d'Arles
(récit à venir...)
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7ème jour : Samedi 22 Avril BUSSUNARITS/SAINT JEAN PIED-DE-PORT |
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7ème jour : BUSSUNARITS/SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
Ce matin le ciel est un peu nuageux mais notre étape sera courte… L’objectif est d’atteindre Saint-Jean-Pied-de-Port. Dernière halte avant les Pyrénées. Bon nombre de pèlerins français ou étrangers s’y retrouvent pour débuter leur périple vers Compostelle.
Ensuite, ce sera le passage des Pyrénées… j’angoisse un peu car j’ai entendu beaucoup de choses bonnes et mauvaises sur cette traversée. Il est vrai que beaucoup de pèlerins ont dû s’y reprendre à plusieurs fois pour passer sans encombre, vrai aussi que certains ont eu des problèmes, ou se sont perdus dans le brouillard… Nous sommes au début du Printemps, les cîmes sont encore enneigées, il peut y avoir des brouillards assassins, car les à pics sont nombreux… faire un parcours en montagne, au Printemps, n’est jamais anodin…
Cependant, ce matin, revigorées par cette halte à Bussunarits où le confort retrouvé nous a redonné des ailes, nous reprenons la route, Christiane et moi, pleines d’entrain… Le soleil joue avec les nuages, vers St Jean le Vieux, nous admirons des chevaux batifollant dans un champs, traversons des hameaux du bout du monde où la « civilisation » semble incongrue tellement les signes en sont absents… Malgré tout, j’ai trouvé une cabine téléphonique et j’ai pu enfin téléphoner à la maison. Au bout du fil, une petite voix toute triste. Ma fille cadette commence à sentir l’absence de maman… Je me demande si les steack hachés du soir n’ont pas atteint la limite du supportable pour tout le monde…Je balance entre le plaisir d’entendre les miens, d’être rassurée sur leur moral, et le désir d’être inaccessible pour quiconque et de pouvoir vivre mon aventure, à mon rythme, et sans contraintes morales…
Je voudrais que s’allège ce poid sur mes épaules qui se rajoute à celui du sac… le sentiment de culpabilité, le remord d’avoir « abandonné » ma famille à son triste sort, comme si la « maison » sans moi pouvait s’écrouler… Implicitement, c’est un peu ce que chacun sous-entend… mais je ne veux pas participer à cet injuste chantage affectif. Coûte que coûte, je poursuivrai mon chemin.
Aujourd’hui encore les ampoules me font terriblement souffrir, nous avançons doucement (mais sûrement) et avons encore une fois tout le loisir d’admirer le paysage ! Nous nous arrêtons souvent aussi… et curieusement Christiane et moi ne profitons pas encore de cette « intimité » qui nous est offerte pour parler… comme si un mur infranchissable nous empêchait d’épancher cette douleur latente qui « enroba » notre enfance écartelée… Je sais que nous en parlerons avant qu’elle ne reparte, mais je ne sais pas quand… Je sais que nous avons un contentieux énorme à apurer… que nous devons impérativement, pour son bien-être moral et le mien, arriver à démêler l’écheveau de non-dits et de mensonges que tous les acteurs familiaux ont contruit autour de ce « secret » de famille qui a pourri notre enfance et finalement notre vie…
Je sais qu’elle m’a rejointe sur ce chemin pour en savoir davantage, pour y trouver des morceaux de vérité… pour être apaisée… Je sais que j’ai accepté sa compagnie pendant quelques jours parce que c’était là une occasion rare d’avoir enfin un véritable échange… sans les autres… ceux qui nous ont condamnées à la souffrance…
Mes pensées se grisaillent, et le ciel aussi. Les premières gouttes de pluie commencent à tomber alors que nous voyons apparaître les remparts de St Jean. La porte de pierre sous laquelle nous passons me fait l’effet d’un point de non retour. A partir de maintenant, nous entrons vraiment sur le chemin, je ne peux plus revenir en arrière…
Il est 13 heures, nous n’aurons fait aujourd’hui qu’une huitaine de kilomètres, au pas lent du promeneur…. Mais chaque jour et quelques km de plus me rapprochent de Santiago.
Il pleut maintenant à torrent et nous arrivons 39, rue de la Citadelle, à l’accueil des Amis de St Jacques de Compostelle… Après avoir fait tamponner notre crédential nous allons déposer notre sac à dos au Gîte puis nous nous perdons dans les ruelles de St Jean et trouvons une petite bodéga « Chez Dédé » dans les vieux quartiers et dégustons une petite salade composée avant de rejoindre le refuge pour une sieste imprévue mais néanmoins nécessaire… On pourrait penser que l’emploi du temps d’un pèlerin évolue entre marche, sieste et repas… oui c’est un peu vrai…. Mais ce ne sont que des « balises »… entre ces étapes nécessaires il y a LE CHEMIN et tout ce qui s’y passe de rencontres et de réflexions ou de cheminement personnels…
Nous sommes au chaud dans notre gîte et regardons tomber la pluie quand le sommeil nous emporte… mais le gîte donne sur la rue passante du vieux Saint-Jean et les passants sont nombreux et bruyants… surtout les espagnols qui viennent passer là leurs vacances scolaires…
Alors nous décidons, malgré le petit crachin qui continue de tomber, d’aller nous balader un peu dans les ruelles où foisonnent les galeries de potiers ou d’artistes en tous genres… bijoutiers, magasins de souvenirs… Je m’arrête devant la vitrine d’un salon de coiffure et sur une impulsion je rentre dans le magasin… il est vide et la coiffeuse s’apprête à fermer boutique… elle accepte cependant de me prendre, et me fait une coupe sublime : en 25 ans, je crois que c’est la première fois que j’ai les cheveux si courts… pour ma pérégrination je pense que ce sera plus pratique !
Puis nous faisons halte chez TTIPIA pour le repas du soir… nous y sommes servies comme des reines (piquillos farcis à la morue, magret aux haricots maïs, pommes soufflées)… nous revenons au gîte, il est 22 heures, tout est calme et je m’endors assez vite… je me réveille en sursaut à 23 heures, puis encore à minuit… des va-et-vient incessants et bruyants ne cesseront de me réveiller toute la nuit… C’est là que je rencontre les premiers « coquillards »… qui arrivent en voiture, se déplacent en voiture mais font les derniers 100 m à pieds pour faire tamponner leurs crédentials de pèlerins qui leur donnent accès au gîte gratuit… Le chemin de Saint-Jacques est un chemin de tolérance… mais je ne le sais pas encore !
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