Jeudi 12 mai 2005
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18:36
Une ligne rose barrait l'horizon...
... comme si le paysage, page de papier, avait été peint à grands coups de lavis d'Alizarine cramoisie ou de rouge de cadmium délavés,
photo martine réau-gensollen (tous droits réservés)
... le soleil venait de se lever, il était encore tôt, mais l'air chargé d'embruns et la chaleur épaisse qui montait de minute en minute déformait notre vision, donnant à l'espace alentour un effet tremblotant, comme ces mirages, oasis virtuelles, qui naissent dans la chaleur des déserts...
Notre voiture se rapprochait... et la nature du site devint alors évidente... juchés sur une dune en surplomb, nous pûmes admirer une immense étendue de marais salants, dont une algue rose, microscopique, dénaturait la couleur de l'eau, originale...
Sur la route littorale, qui mène de Swakopmund à Walvis Bay...
Par Martine Réau-Gensollen
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Publié dans : Carnets de voyages....
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Mercredi 11 mai 2005
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paysage aux couleurs étranges... écrasé de chaleur
photo martine réau-gensollen (tous droits réservés)
... quelques arbres rares mais verts des dernières pluies,
des herbes rousses et clairsemées, déjà asséchées par le vent chaud,
une étendue désertique qui s'étend sur quelques centaines de kilomètres....
un tableau irréel sur les terres du Damaraland, au Nord de la Namibie
Par Martine Réau-Gensollen
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Dimanche 8 mai 2005
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23:50
Paul Gauguin
Le 8 Mai 1903 disparaissait un peintre de génie, à la vie tumultueuse et aux amours amorales, j'ai une affection particulière pour lui, parce qu'il m'a valu 16 à l'épreuve de français du bac (il y a bien longtemps) et parce que sa grand-mère s'appelait Flora Tristan...
Paul Gauguin, portrait - aquarelle Martine Réau-Gensollen
Par Martine Réau-Gensollen
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Samedi 7 mai 2005
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Morlanne
... est un petit village béarnais de 400 âmes qui figure sur la route des preux et des maréchaux, sa renommée, il la doit à son château, construit au XIVème siècle par Gaston Fébus, .
Moi je m'y suis arrêtée juste le temps de peindre deux aquarelles, un matin de printemps comme aujourd'hui...
"le village de Morlanne près du château" - aquarelle Martine Réau-Gensollen
et puis j'y ai rencontré "Amédée", mais cela aurait pu être Marcel ou Barnabé, ou encore Irénée... non ce jour là ce fut Amédée...
Pour lui, la guerre de cent ans, celle qui mit en lumière le château de Morlanne, c'était l'histoire d'avant, presque une légende, l'histoire d'avant la sienne, celle de 14-18, la vraie guerre...
"la maison d'Amédée" - Aquarelle Martine Réau-Gensollen
Et pendant que je peignais, j'écoutais Amédée, qui me parlait des tranchées... de la boue... des boches et de ses copains qui tombaient à ses pieds... (*) je ne disais mot, je l'écoutais... et sans doute m'avait-il choisie, moi et mon pinceau, simplement parce qu'occupée à capter la lumière et les couleurs je pouvais prêter une oreille attentive à son monologue... il avait juste besoin de parler... j'avais juste envie d'écouter...
Plus tard, je suis repartie avec un bouquet d'arums, cueillis dans le jardin d'Amédée...
(*) voir absolument l'illustration "musicale" qu'en a faite un ami bloggueur sur http://garde-a-vue.over-blog.com/article-126535-6.html
Par Martine Réau-Gensollen
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Samedi 7 mai 2005
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18:46
En peinture, apprendre...
Peindre une fleur, à priori c'est simple....
d'abord, si on connaît les règles de la perspective (ou si on les apprend !) on les applique....
On dessine donc à grands traits l'esquisse de la future "oeuvre" (sourires...)
qu'elle s'appelle : Narcisse ou Marguerite ...
ou Tulipe...
puis on mouille son pinceau et on se lance dans la couleur....
savoir reconnaître que l'on s'est trompé....
que "l'oeuvre" est ratée...
alors... recommencer... et s'il y a un très léger "mieux" se réjouir d'avoir progressé...
En peinture, apprendre...
... l'HUMILITE
Par Martine Réau-Gensollen
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Publié dans : Croquis et Aquarelles
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Samedi 7 mai 2005
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00:51
L'orchidée du Bagne
Les murs du bagne de Saint-Laurent du Maroni...
... transpirent la crasse, l'angoisse, la peur, et le désespoir des milliers de bagnards qui y ont séjourné et y sont morts...
... pourtant, sur l'un des murs de l'enceinte j'ai vu cette orchidée s'épanouir,
adulée par Confucius qui en faisait le symbole de la perfection il y a 2500 ans , vénérée par les Aztèques qui lui attribuaient le pouvoir de fécondité, et introduite en Europe au XVIIème siècle, l'Orchidée, dans le langage des fleurs, est aujourd'hui le symbole de la spiritualité :
comme le symbole de l'esprit qu'on ne peut retenir, même si le corps est enfermé...
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"La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre."
Albert Camus
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Ce "tableau poétique", envoyé par une amie qui, comme moi, a bien connu la Guyane... mérite je pense d'être "accroché aux murs de ce blog...
A l’embouchure du fleuve, la plage est chocolat
Epaisse des histoires que racontent les arbres
Les racines mouillées , les carrières de marbre
Et les peaux des iguanes fondus dans ce magma.
L’eau n’y est jamais bleue, elle est chargée de terre
Pendant des kilomètres on ne voit de la mer
Que ses noces confuses avec les alluvions
Pas de vague pour en rider l’épais bouillon
Il n’y a pas ce sable blanc ou l’on s’endort
Contre la peau de l’autre, il n’y a même pas
De rayon de soleil pour allumer les ports.
Le ciel est habillé d’un brumeux taffetas
Mais quand on s’en éloigne pour franchir la distance
Qui sépare des Iles où autrefois la France
Envoyait supplicier de barbare manière
Les gueux, les assassins, dans un vert cimetière
Au nom prédestiné des Iles du Salut...
Le bateau à fond plat d’un coup passe au- dessus
D’une ligne très nette. Séparation des eaux.
La mer alors devient saphir et bleu corbeau
Elle s’anime enfin, elle devient vivante
Et se cogne aux rochers des Iles accueillantes
De fleurs et de fruits murs mais ou flottent encore
Les cris désespérés des condamnés à mort......
On entend les oiseaux de couleurs pétillants
Et qui défient les cages où les hommes mourants
Harcelés par la pluie, engourdis par la faim
Rêvaient de terminer leur vie dans un requin..
Viviane Lamarlère
Par Martine Réau-Gensollen
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Publié dans : Carnets de voyages....
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Vendredi 6 mai 2005
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22:54
Une petite suite dédicacée à nos amis les arbres,
un pommier tout pommelé mais sans pommes,
pour Martine
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"Si l'on m'apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier..."
Martin Luther
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et un érable tout doré, aux couleurs de l'automne
pour Russalka
Par Martine Réau-Gensollen
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Publié dans : Croquis et Aquarelles
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Jeudi 5 mai 2005
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23:47
Avertissement :
"voleuse de souvenirs", je suis, parce que j'ai choisi de mettre en lumière des souvenirs qui ne m'appartiennent pas...
ces souvenirs, ce sont ceux du "Stéphane"... qui les porte, cadenassés, verrouillés, et avec un mouchoir (humide) par dessus...
lorsque j'ai retrouvé quelques croquis de la maison de ses grands-parents, croquis que j'avais réalisés il y a quelques années... les souvenirs ont ressurgi... et sont doucement remontés en surface...
je tire un fil ténu... celui de la mémoire qui se veut volatile... chut, pas un mot, pas un geste de trop ou le fil cassera...
je découvre avec vous, à la fois émue et troublée par l'intimité que je fais partager, des chemins d'enfance où les blessures saignent encore...
Par Martine Réau-Gensollen
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Mercredi 4 mai 2005
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23:29
Chez "Papy Cha" et "Mamy Nono"
... On pénétrait dans la maison de Bihorel par une longue allée de graviers polis sur laquelle s’ouvrait le haut et lourd portail vert qui en cachait la vue depuis la rue.
la maison de Bihorel
L’allée était bordée de buis taillés qui lui donnaient un air solennel. De part et d’autre la pelouse faisait un tapis vert où dès les premiers beaux jours on installait la table de jardin, ronde et blanche, promesse d’apéritifs familiaux à l’ombre du magnolia…
Pour "le Stéphane" et "petit Rémi", le portail qui s’ouvrait était déjà synonyme de réjouissances… elles commençaient dès qu’ils franchissaient le seuil de la maison où les accueillait, dès l’entrée, l’odeur d’ail et de chair rotie du poulet dominical…
à suivre ...
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"Quand vous voyagez à l’intérieur de vous-mêmes, les courants vous entraînent fatalement vers votre enfance et vous risquez fort de retrouver des souvenirs qui vous feront perdre le chemin du retour."
Jacques Poulin
Extrait de : Le cœur de la baleine bleue.
Par Martine Réau-Gensollen
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Mercredi 4 mai 2005
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20:32
Chez "Papy Cha" et "Mamy Nono" (suite)
La maison de Bihorel était grande, l'entrée déjà était très vaste, on s'y débarrassait des manteaux de laine ou des imperméables que l'on accrochait à la lourde patère, derrière la porte...
A gauche, le grand salon... celui où l'on recevait les gens "de l'extérieur", une pièce de réception qui faisait aussi office de bureau. A droite, le petit salon, celui où se réunissait la famille, celui où l'on décorait le sapin de Noël, où l'on avait le droit de s'endormir sur les tapis... enclavé entre l'entrée et la grande salle à manger, le petit salon avait la particularité d'ouvrir, par une fenêtre intérieure, sur la cuisine... et par une porte à double battant sur la pièce de séjour.
le petit salon
Face à l'entrée l'escalier de bois, patiné, qui menait au paradis...au torpilleur et au grenier perdu ! On accédait d'abord au palier du premier étage qui desservait, à gauche la chambre du grand oncle "Paul" et à droite celle de Papy "Cha" et de Mamy "Nono"...
à suivre...
Par Martine Réau-Gensollen
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