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pour suivre mon cheminement,
par le "CAMINO FRANCES" 
jour après jour,
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dans la liste ci-dessous :

Le 1er jour :
Monfort/Habas
Le 2ème jour :
Habas/Sauveterre
Le 3ème jour :
Sauveterre/ Saint-Palais
Le 4ème jour :
Saint-Palais/Ostabat
Le 5ème jour :
Ostabat
Le 6ème jour :
Ostabat/Bussunarits
Le 7ème jour :
Bussunarits/St-J-Pied-de-Port
Le 8ème jour :
St-Jean-Pied-de-Port/Hunto
Le 9ème jour :
Hunto/Roncevaux
Le10ème :
Roncesvalles/Viscaret
Le 11ème jour :
Viscaret/Zubiri
Le 12ème jour :
Zubiri/Pamplona
Le 13ème jour :
Pamplona/Uterga
Le 14ème jour :
Uterga/Lorca
Le 15ème jour :
Lorca/Estella
Le 16ème jour :
Estella/Villamayor
Le 17ème jour :
Villamayor/Los Arcos
Le 18ème jour :
Los Arcos/Viana
Le 19ème jour :
Viana/Navarrete
Le 20ème jour :
Navarrete/Najera
Le 21ème jour :
Najera/Santo Domingo
Le 22ème jour :
Santo Domingo/Belorado
Le 23ème jour :
Belorado/S-Juan-de-Ortega
Le 24ème jour :
S-Juan-de-Ortega/Burgos
Le 25ème jour :
Burgos/Hornillos
Le 26ème jour :
Hornillos/Castrojeriz
Le 27ème jour :
Castrojeriz/Boadilla
Le 28ème jour :
Boadilla/Carrion
Le 29ème jour :
Carrion/Calzadilla de la C.
Le 30ème jour :
Calzadilla/Sahagun
Le 31ème jour :
Sahagun/Calzadilla de los H.
Le 32ème jour :
Calzadilla/Mansillas
Le 33ème jour :
Mansillas/Leon
Le 34ème jour :
Leon/Villar de Mazarife
Le 35ème jour :
Villar de M./Hospital de Orbigo
Le 36ème jour :
Hospital de Orbigo
Le 37ème jour :
Hospital de Orbigo/Astorga
Le 38ème jour :
Astorga/Rabanal
Le 39ème jour :
Rabanal/Riego de Ambros
Le 40ème jour :
Riego/Cacabellos
Le 41ème jour :
Cacabellos/Vega de Valcarce
Le 42ème jour :
Vega/Hospital da Condesa
Le 43ème jour :
Hospital da Condesa/Triacastela
Le 44ème jour :
Triacastela/Sarria
Le 45ème jour :
Sarria/Portomarin
Le 46ème jour :
Portomarin/Palas de Rei
Le 47ème jour :
Palas de Rei/Ribadiso de Baixa
Le 48ème jour :
Ribadiso de Baixa/Santa Irene
Le 49ème jour :
Santa Irene/Santiago
Le 49ème jour (suite) :
Santiago de Compostelle
Le 50ème jour :
SANTIAGO DE COMPOSTELLA
Le 51ème jour :
Santiago/Negrera
Le 52ème jour :
Negrera/Olveiroa
Le 53ème jour :
Olveiroa/Finisterra

 

Et vous ?? d'où venez-vous ??

 

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Ces pages sont  d'abord dédiées au Chemin de Saint-Jacques de Compostelle mais elles parlent aussi de Terres lointaines où j'ai vécu et où je vis parfois, encore, des regards que j'y ai portés, des histoires qu'elles m'ont suggérées, des images qui me sont restées... Elles parlent de chemins que l'on prend, non pas pour tout quitter, mais pour se trouver...

J'espère que ces pages vous plairont, que vous y viendrez cheminer de temps en temps, le temps d'une respiration, d'une récréation, d'une parenthèse...

Et si vous êtes curieux, elles vous réservent quelques surprises, pour peu que vous sachiez les dénicher...

Merci de votre visite, Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde.

Merci à Jojo et à Francky pour le dessin du Pèlerin de Compostelle... cliquez sur l'image pour visiter leur blog de dessins

Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 16:29

Juste pour marquer le jour de mon anniversaire d'une trace parfumée...

 

rose-tendre.jpg


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Images de hasard - Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 13:19

Evidemment, il n'y a pas de 1er Mai sans Muguet, voici mon brin de muguet, cueilli dans mon jardin, symbole d'amour, à l'origine, dès la Renaissance...

 

muguet2011.jpg

Si le premier mai est un jour férié en France, c'est officiellement pour fêter le travail. Le premier mai est également le jour du muguet, sans qu'il y ait de lien direct entre la fête des clochettes printanières et la journée des revendications ouvrières. Voici l'histoire du premier mai, ses traditions et ses origines.

La fête du muguet

Une fête de l'amour

On dit que la tradition de s'offrir du muguet remonterait à la Renaissance, époque où Charles IX aurait lancé cette mode après en avoir reçu un brin lors d'un premier mai... Ce qui est certain, c'est qu'au XVème siècle, le premier mai était une fête de l'amour, durant laquelle les princes et les seigneurs se rendaient en forêt pour couper des rameaux qui servaient ensuite à décorer les habitations. Ils fabriquaient également des couronnes de feuillages et de fleurs pour les porter et les offrir à la personne aimée. Une survivance de ces coutumes perdure encore dans de nombreuses régions : l'arbre de mai. Il s'agit d'un arbre coupé que l'on dépose devant une maison dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Selon les régions, cet arbre sera offert à l'élu local pour l'honorer, ou aux jeunes filles célibataires, comme dans l'est de la France. Le fait de déposer l'arbre devant la maison des jeunes filles est l'occasion d'un certain chahut pour les jeunes gens qui y participent !

 

Le Muguet, fleur du bonheur

Fleur de printemps par excellence puisque sa floraison intervient en mai, le muguet est traditionnellement une fleur qui porte bonheur. D'ailleurs, d'après le langage des fleurs, le muguet signifie "retour de bonheur"... On dit que celui qui trouve un brin de muguet à 13 clochettes sera tout particulièrement favorisé par le destin ! Le muguet est également associé aux grands couturiers, comme Christian Dior dont c'était la fleur fétiche. On retrouve d'ailleurs la senteur du muguet dans de nombreux parfums. Produit à grande échelle dans la région nantaise pour être vendu lors du premier mai, le muguet peut également être cultivé dans les jardins ombragés et frais, ou se trouver à l'état sauvage dans les sous-bois. Mais attention, le muguet reste une plante très toxique, et il ne faut porter à la bouche ni les feuilles, ni les fleurs, ni les fruits, ni même l'eau du vase. Prenez donc vos précautions avec les jeunes enfants attirés par le parfum suave des clochettes blanches. Quant à nos dromacartes muguet de 1er mai, elles sont absolument sans danger, pour les grands comme pour les petits !

Les usages d'autrefois

Autrefois, de jolies traditions étaient en usage pour le 1er mai. On organisait des "bals du muguet" où les jeunes filles étaient vêtues de blanc et où les jeunes gens fleurissaient leur boutonnière d'un brin de muguet. C'était le seul bal de l'année où les parents étaient bannis et où les jeunes se retrouvaient entre eux. Un vin liquoreux composé de vin de Moselle dans lequel des fleurs d'aspérule odorante (appelé aussi "faux muguet") avaient macéré faisait les délices de cette époque de l'année : le "Maitrank" ou "boisson de mai". On assurait qu'il suffisait d'y tremper les lèvres au 1er mai pour être heureux tout au long de l'année ! Au premier mai, aucune jeune fille, riche ou pauvre, ne serait sortie sans un brin de muguet accroché à son corsage ! On offrait du muguet à tous ceux que l'on aimait, famille et amis. Cependant, l'usage voulait plus particulièrement que le jeune homme offre du muguet à sa fiancée, et que tout l'entourage d'une jeune maman se manifeste au premier mai en fleurissant sa maison afin d'offrir au bébé un présage de bonheur.

 

 La fête du travail

Si la fête du travail a lieu le premier mai, c'est sans aucun rapport avec le muguet, même si les manifestants ont pris l'habitude récente de fleurir leur boutonnière du brin porte-bonheur au lieu de l'églantine rouge. La fête du travail commémore un 1er mai de 1886 où les syndicats américains appelèrent plus de 400 000 travailleurs à manifester pour l'obtention de la journée de huit heures. La date du 1er mai avait été choisie car beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable. Depuis, le premier mai est devenu le jour international des revendications ouvrières, donnant lieu à des défilés de travailleurs. En France, la journée de 8 heures a été obtenue en 1919, cependant le premier mai a continué d'être la journée des revendications salariales. Depuis 1941, c'est un jour chômé et depuis 1947, ce jour férié est payé pour tous les travailleurs. Pour ceux que leur métier oblige à travailler malgré tout (personnel des hôpitaux, de l'hôtellerie), le salaire est généralement doublé. En 2011, le 1er mai tombe un dimanche, ce qui évidemment n'arrange pas l'immense majorité des salariés qui ne travaillent pas le dimanche. Reste la possibilité de profiter de la tolérance qui est faite aux particuliers et aux organisations diverses, de vendre librement le muguet sans aucune formalité ni taxe, uniquement le jour du 1er mai.

 

source : magdromadaire


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Au jour le jour... - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 17:33
"De mémoire d'acacia érioloba ... et de républicains sociaux"
 

A l’origine je n’étais qu’une brindille, poussée là par hasard, une incohérence, une aberration, le fruit d’une incroyable coïncidence qui rassembla contre toute vraisemblance, les vents propices, l’eau salvatrice et une graine qui ne demandait qu’à germer dans ce désert du Namib, le pire de tous, où la moindre touffe d’herbe, poussée en une nuit, se meurt en quelques heures, dès le lever du jour faute d’humidité et sous un soleil qui brûle tout jusqu’aux pierres et au sable rouge. Seule la Welvitchia Mirabilis résiste à ce régime, captant la moindre goutte de rosée la nuit et résistant le jour à l’écrasante chaleur. Moi je n’étais qu’une improbable tige vouée à la sècheresse… mais j’ai résisté, aussi bien qu’elle et, unique et isolé à des lieues à la ronde, j’ai développé ma ramure, étendu mes branches frêles, raidit mon tronc gracile jusqu’à devenir ce petit acacia fringant bien que fragile qui tendait ses bras vers le ciel, en guise de prière ou de remerciement et qui finalement reçu le plus gratifiant des dons des dieux…

 

Alors que je n’étais encore qu’à l’aube de ma vie un premier occupant vint se nicher sur l’une de mes branches maîtresses. Une boule de plumes rousses perchée sur deux pattes du même bleu que le bec et le ciel. Après de longs mois de solitude bercée par les vents sableux et tournoyants du désert je fus tout ragaillardi par cette nouvelle présence et cette cohabitation ne cessa de m'enchanter durant les jours qui suivirent. Mon nouveau locataire était très actif, il ramenait à une cadence folle des brindilles de paille qu’il trouvait dieu sait où ! Il s’épuisait en des allers-retours qui le tenaient parfois de longs moments éloigné de moi, j’ai même craint souvent qu’il ne revienne pas. Surtout ce jour de la saison des pluies où l’eau si rare tombant en trombes me fit croire un instant qu’elle allait noyer le désert. Je m’inquiétais pour mon petit ami craignant qu’il n’ait su trouver refuge… et puis je le vis revenir un matin où le bleu du ciel avait reprit tout l’espace disponible. Mais il n’était plus seul ! Une femelle l’accompagnait. Ils s’activèrent ensemble comme je l’avais vu faire seul les jours précédant la grande pluie. En quelques jours je vis fleurir un nid douillet au creux de mes branches, un nid extraordinaire, un vrai chef-d’œuvre, une boule de paille jaune avec en son centre, au-dessous, une petite entrée toute ronde où je vis enfin mon couple d’amis pénétrer et ne plus en sortir pendant quelques temps. Puis mon ami reprit ses vols diurnes, je m’inquiétais pour sa compagne… était-elle souffrante ? Je le vis revenir chargé non plus de brins de paille mais le bec orné de moustiques et d’insectes de toutes sortes. Cela me sembla rassurant… Après quelques lunes supplémentaires j’entendis un matin un gazouillis étrange. Je compris que mes amis avaient fondé une petite famille et je me mis à surveiller avec impatience l’évolution de ces nouveaux petits colons. J’entendais bien qu’ils prenaient force et j’assistais enfin, un beau matin avec une surprise mêlée d’émerveillement à leur premier envol.

Je me sentais aussi fier d’eux que leurs propres parents. C’étaient mes petits, je n’était plus seul dans ce désert trop grand, j’avais moi aussi une famille.

Je ne me doutais pas encore que celle-ci allait vite s’agrandir pour mon plus grand bonheur ni ne me doutais de l’ampleur que prendrait finalement leur petit chef-d’œuvre. En une saison j’assistais ainsi à l’éclosion de plusieurs couvées et bien sûr à l’extension de leur résidence. Le nid s’étendait maintenant à plusieurs de mes branches qui lui servaient d’assise. Un nid en tout point identique à celui du début mais dont les entrées multiples correspondaient à autant de nouvelles chambres douillettes. Je réalisais, en en suivant avec attention la construction, combien l’entreprise était magnifique. Non seulement chacun des individus de cette petite colonie avait son propre logis de jour avec sortie sur l’extérieur mais il disposait aussi pour la nuit d’un abri plus profondément enfoui à l’intérieur et correspondant avec les autres chambres par des galeries ingénieuses réparties équitablement dans l’ensemble. En virtuoses de l’architecture avicole, mes petits compagnons avaient bien compris qu’ils devaient se protéger à la fois de l’écrasante chaleur et des rayons dangereux du soleil, et les cavités donnant sur l’extérieur répondaient à cette contrainte, mais ils devaient aussi se défendre du froid nocturne et des prédateurs et leur refuge impénétrable, au cœur du nid, leur offrait cette sécurité supplémentaire.

Les saisons sèches succédèrent aux saisons des pluies, mes petits amis s’étaient multipliés, le nid s’étendait maintenant sur une grande partie de ma ramure et lorsque j’avais le temps je comptais bien quelques trois cents pensionnaires volubiles qui me charmaient de leurs gazouillis enjoués. Le temps passait à une vitesse folle… de saison en saison j’étalais moi aussi mon branchage, il fallait bien assurer la sécurité de la colonie en développant une assise bien solide, car le nid grandissait… grandissait… il m’arrivait parfois de craindre qu’il ne s’étende plus vite que la pousse de mes nouvelles branches et que je croule sous son poids! Mais, avec mon aide et ma vigilance, les générations se succédèrent sans souci. Les années passèrent…

Et puis un jour funeste, jaloux sans doute de cette harmonieuse félicité, les dieux du ciel nous infligèrent une tornade infernale. Les vents soufflèrent jusqu’à s’essouffler, la pluie s’acharna avec une telle violence qu’elle pénétra jusqu’au cœur du nid, en déployant mon feuillage je protégeai mes petits du mieux que je pus mais lorsqu’au petit matin le soleil revenu éclaira la scène je découvris l’indicible : le nid, éventré, gisait à mes pieds. La plupart des membres de la colonie avaient disparus, seules quelques familles désespérées piaillaient en voletant autour du nid défoncé où quelques petits des dernières couvées restaient prisonniers des  rares chambres intactes. C’était un désolant spectacle et je ne pus retenir des larmes de pluie dégoulinant le long de mon tronc luisant. Je pris une grande goulée d’air, secouait doucement mes branches frissonnantes et fis comprendre à ceux qui restaient que la saison nuptiale qui commençait avec la saison des pluies annonçait le renouveau, qu’il fallait survivre à tout prix. Je ne pouvais imaginer reprendre ma vie de solitude comme avant leur arrivée. Ils devaient vite reconstruire leur nid l’étendre à nouveau tout autour de mes branches, le rendre plus solide encore et faire renaître cette petite république si sociale qu’ils avaient su créer à l’origine.

Mes petits « républicains sociaux » ne se découragèrent pas. Les survivants se démenèrent comme l’avait fait mon premier petit ami, le fondateur de leur république, quelques années auparavant. Je vis à nouveau les couples s’acharner à rétablir leur nid, mieux encore qu’ils ne l’avaient fait, arrimant, fixant solidement, structurant l’édifice, créant une charpente plus sûre et répartissant de façon équilibrée de nombreuses chambres encore plus douillettes, tapissées de duvets et d’herbes fleuries. Au fur et à mesure de la reconstruction du nid je vis revenir d’anciens membres de ma petite république, les femelles, par une sorte d’instinct grégaire pondirent jusqu’à six œufs par couvées et je vis jusqu’à neuf couvées par famille en une seule saison. L’avenir s’annonçait à nouveau florissant.

 

namibie-republicains-sociaux.jpg


A présent, après bien des lunes et des soleils, après bien des tempêtes et des tourmentes mes branches devenues plus denses, plus fermes, le nid est encore plus beau, plus grand, plus solide qu’il n’a jamais été et abrite en son sein pas moins de 500 républicains. Avec le temps j’ai su polir mon écorce jusqu’à la rendre assez lisse pour qu’aucun serpent ne puisse accéder sans retomber sur le sol jusqu’aux galeries qui abritent, la nuit, mes petits protégés. Mon tronc vénérable est devenu un roc sur lequel peut s’appuyer la merveille des merveilles, et même certains visiteurs trouvant l’endroit magnifique et sûr ont pris appui sur l’ensemble et y ont construit leur propre nid. Ces « commensaux » vivent en harmonie avec mes petits républicains si sociaux et, selon les saisons, il n’est pas rare que le fauconnet, le barbican, le tarier ou quelques mésanges, pinsons ou inséparables viennent cohabiter avec nous en bonne intelligence.

Et je me dis enfin,  vu mon grand âge, qu’il valait bien peut-être connaître l’heure infernale pour mieux goûter aujourd’hui à l’heure délicieuse du paradis retrouvé.

 

Martine, la pèlerine

Avril 2011


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Fiction, Souvenirs récents, souvenirs d'antan - Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 16:03

Un peu traditionnels, mes voeux n'en sont pas moins sincères...

  voeux2011rose.jpg

 

 

et pour réussir l'année 2011, comme pour réussir un bon gâteau, voici une recette qui vient de m'être transmise par un ami cher et que je m'apprête à concocter dès aujourd'hui pour pouvoir, comme il est conseillé, la savourer avec délicatesse dès demain !

 

Recette pour la nouvelle année :

 

. prendre 12 mois complets : les nettoyer de tous ressentiments et regrets

. les trancher en 28, 30 ou 31 morceaux,

. et incorporer dans chaque journée : une cuillère de patience et une louche de travail,    un zeste de courage et une pincée de confiance

. mélanger le tout avec de généreuses portions d'espoir, de fidélité, de générosité et de douceur,

. assaisonner le tout avec un soupçon de rêve, un bol de rire et une tasse de bonne humeur,

. verser maintenant la recette dans un grand bol d'amour

. et pour terminer, décorer avec un sourire,

. servir avec tendresse

 

Maintenant vous avez 365 jours pour la savourer avec délicatesse.

 

BONNE ANNEE 2011


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Au jour le jour... - Communauté : Passeurs d'espoirs - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 10:20

Il y a un peu plus d'un an, j'étais entrée en contact avec Paulo Coelho afin de lui soumettre le manuscrit de "Campo Stellae" le récit de mon Chemin vers Compostelle. J'avais le secret désir de lui demander d'écrire une préface pour ce futur livre qui n'a pas encore officiellement vu le jour... Cela ne s'est pas fait, mais je viens de recevoir une gentille attention (qui modestement ne m'est pas seulement destinée mais adressée aussi à ses nombreux lecteurs dans le monde...) et j'ai pensé qu'en cette période de Noêl je pouvais aussi vous en faire "cadeau".

Paulo Coelho vit à quelques kilomètres de chez moi, dans les Pyrénées, près de Tarbes...

 

 

Rio de Janeiro, 15 de décembre de 2010

Très Chère Martine,

Afin de vous remercier pour le soutien reçu en 2010 et poursuivant la tradition des années antérieures, je vous envoie un conte de Noël que j'ai écrit pour les colonnes que je tiens dans plusieurs journaux du monde.

Que l'Univers conspire à la réalisation de vos désirs en 2011.

paulo chris

Paulo et sa femme Chris

 

 

 

LE SAPIN DE SAINT-MARTIN

 

La veille de Noël, le curé de l'église du petit village de Saint-Martin, dans les Pyrénées françaises, se préparait à célébrer la messe quand il commença à sentir un parfum merveilleux.

C'était l'hiver et les fleurs avaient disparu depuis longtemps, mais cet arôme agréable était là, comme si le printemps était apparu avant l'heure.

Intrigué, il sortit de l'église pour chercher l'origine de cette merveille et il trouva un petit garçon assis sur le seuil de la porte de l'école. À côté de lui était posé une espèce d'arbre de Noël

" Quel arbre superbe ! dit le curé. On dirait qu'il a touché le ciel, tant il irradie une essence divine ! Et il est fait d'or pur ! Où l'as-tu trouvé ? "

Le jeune garçon ne parut pas ravi par le commentaire du curé.

"C'est vrai que ce que je porte avec moi est devenu de plus en plus lourd à mesure que je marchais, et que ses épines ont durci. Mais cela ne peut pas être de l'or, et j'ai peur de la réaction de mes parents."

Puis le garçon raconta son histoire :

"Je suis sorti ce matin pour aller à la ville de Tarbes, avec l'argent que ma mère m'avait donné pour acheter un bel arbre de Noël. Et voilà que, traversant un hameau, j'ai vu une vieille femme solitaire qui n'avait pas de famille avec qui célébrer la grande fête de la chrétienté. Je lui ai donné un peu d'argent pour le souper, car j'étais sûr que je pourrais obtenir une remise pour mon achat.

En arrivant à Tarbes, je suis passé devant la grande prison, et j'ai vu un groupe de gens qui attendaient l'heure de la visite. Ils étaient tous tristes à l'idée de passer la nuit loin de leurs êtres chers. J'ai entendu certains d'entre eux dire qu'ils n'avaient même pas pu acheter un morceau de gâteau. À ce moment, inspiré par le romantisme propre aux gens de mon âge, j'ai décidé de partager mon argent avec ces gens qui en avaient plus besoin que moi. Je ne garderais qu'une toute petite somme pour le déjeuner ; le fleuriste est un ami de notre famille, il me donnerait certainement l'arbre, et je pourrais travailler pour lui la semaine suivante, pour payer ma dette.

Mais en arrivant au marché, j'ai appris que le fleuriste que je connaissais n'était pas venu travailler. J'ai tenté par tous les moyens de trouver quelqu'un qui me prête l'argent pour que je puisse acheter l'arbre ailleurs, mais ce fut en vain.

Je me suis convaincu que je réfléchirais mieux si j'avais l'estomac plein. Alors que je m'approchais d'un bar, un gamin qui semblait étranger m'a demandé si je pouvais lui donner une pièce, car il n'avait pas mangé depuis deux jours. Pensant que l'enfant Jésus avait dû quelquefois avoir faim, je lui ai remis le peu d'argent qui me restait et je suis rentré à la maison. Sur le chemin du retour, j'ai cassé une branche de sapin ; j'ai essayé de l'ajuster, de la couper, mais elle est devenue dure comme si elle était faite de métal, et c'est loin d'être l'arbre de Noël que ma mère attendait.

- Cher petit, dit le curé. Le parfum de cet arbre ne permet pas de douter qu'il a été touché par les Cieux. Laisse-moi raconter le reste de ton histoire :

Dès que tu as laissé la femme, elle a immédiatement prié la Vierge Marie, une mère comme elle, de te rendre cette bénédiction inattendue. Les parents des prisonniers, convaincus qu'ils avaient rencontré un ange, ont prié pour remercier les anges pour les gâteaux qu'ils avaient achetés. Le gamin que tu as rencontré a remercié Jésus car il avait calmé sa faim.

La Vierge, les anges et Jésus ont entendu les prières de ceux que tu avais aidés. Quand tu as cassé la branche du sapin, la Vierge a mis en elle le parfum de la miséricorde. À mesure que tu marchais, les anges touchaient ses épines et en faisaient de l'or. Enfin, quand tout fut prêt, Jésus a contemplé l'ouvrage, il l'a béni, et désormais quiconque touchera cet arbre de Noël verra ses péchés pardonnés et ses désirs exaucés. "

Et c'est ce qui arriva. La légende raconte que le sapin sacré se trouve encore à Saint- Martin ; mais sa force est si grande que tous ceux qui aident leur prochain la veille de Noël, aussi loin soient-ils du petit village de Saint-Martin, reçoivent sa bénédiction.

(Inspiré d'une histoire hassidique)


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Au jour le jour... - Communauté : Passeurs d'espoirs - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 14:14

... où il est peut-être simplement question de "solitude"...

 

pablo-picasso-jeune-fille-devant-un-miroir.jpg 

femme au miroir (Picasso)

 

La première fois je n’ai pas fait très attention. Il était encore tôt et j’ai à peine saisi mon reflet dans la glace, tracé maladroitement le contour de mes lèvres au crayon, ajouté un peu de rimmel, un soupçon de poudre sur le nez… j’ai attrapé ma brosse au passage et tout en traversant le couloir jusqu’à l’entrée j’ai donné des coups rageurs dans ma chevelure pour la discipliner un peu. Pas vraiment satisfaite, j’ai enfilé mon manteau, lancé un dernier regard sur mon double dans le miroir et me suis jetée dans le quotidien en tripotant les clefs de ma voiture et en cherchant des yeux où j’avais bien pu la garer la veille…

J’avais 7 minutes pour arriver sur la rocade, pas une de plus si je voulais être au top avant 8 heures. Autant dire que j’allais être une fois de plus en retard… Sans vraiment savoir pourquoi (après tout cela faisait 26 ans que j’arrivais en retard, pas de quoi fouetter un chat !), je ressentais une espèce de malaise tout en conduisant. Bon, voyons : j’avais bien fermé le gaz, éteint la lumière de la salle de bain, tourné le verrou dans l’entrée, fermé le portillon du jardin… mentalement je refaisais le trajet en sens inverse… quelque chose clochait.

Je restais distraite toute la journée, pas vraiment au top pour le coup… Il me tardait de rentrer, juste pour vérifier quelque chose qui me turlupinait. Une idée aussi sotte que grenue, mais quand même… je devais vérifier.

Je rentrais plus tôt que d’habitude, légèrement angoissée, garais ma voiture devant le portillon, déverrouillais la porte d’entrée et là l’image furtive qui m’avait tracassée toute la journée s’imposa à nouveau. J’osais à peine pousser le battant et entrer chez moi et surtout, j’osais à peine regarder le miroir. Reprenant mes esprits, riant de moi mentalement, je jetais mes clefs sur la console de l’entrée. Je vis tout de suite que ma brosse à cheveux n’y était plus. Je ne pouvais plus reculer, je devais savoir.

Alors, lentement,  je levais les yeux vers le miroir de l’entrée. « Elle » me regardait, un peu ironique, la brosse à la main, parfaitement maquillée, comme d’ailleurs je n’ai jamais su le faire… A priori elle trouvait ça drôle… moi, juste un peu moins.

Ma raison s’était-elle enfuie, pffuuiitt, pendant la nuit ? Et elle, qui était-elle ? Mon double en mieux ? Une intruse, une extra-terrestre ? Ma folie avait-elle pris corps ? Il y avait de quoi « baliser » non ? Etrangement j’entendais ses réponses sans qu’elle me parle. Tout cela n’est pas bien grave disait-elle… Il te suffit d’accepter, c’est tout. Finalement nous y trouverons toutes les deux notre compte. Toi tu m’apprends, moi je peaufine et je te renvoie l’ascenseur ! Voilà, c’est tout… Etrange discours sans qu’une parole fut échangée… Mais, bizarrement cette idée m’excitait. Un autre moi, à qui j’apprendrai ce que je sais déjà et qui me montrerait, en mieux, de quoi embellir ma vie. Le programme était alléchant !…

A travers le miroir, elle me jeta malicieusement la brosse. Je l’attrapais au vol et m’appliquant à copier mon modèle je lissais mes cheveux bien mieux que je n’avais jamais eu la patience de le faire… Je levais le pouce, le droit, et je vis qu’elle me renvoyait mon image, le pouce levé, le droit,  pas le gauche comme un miroir sait toujours le faire, tout en clignant d’un œil, droit ou gauche ça n’a plus d’importance puisque moi j’avais pas cligné !

Après tout, qu’importait ma folie si folie il y avait. J’étais seule à le savoir… Je courus jusqu’à la salle de bain et m’appliquais cette fois-ci à refaire mon maquillage aussi bien qu’elle. Enfin, presque. Cette fois-ci elle était hilare, elle m’indiqua gentiment le meilleur moyen d’étaler la poudre sans qu’elle fasse carton-pâte, guida ma main pour poser le fard à paupière et tracer un trait d’eye-liner. Ma bouche devint pulpeuse sous le crayon brun et la touche de gloss ponctua le tout à la satisfaction des deux parties. Je ne me reconnaissais pas. Enfin, je me voyais telle que j’aurais pu me rêver si j’avais rêvé de moi…

Enthousiasmée par ce challenge inattendu, j’allais jusqu’au  réfrigérateur et en sortis une bouteille de champagne. J’allais chercher deux coupes et lui en tendis une. Elle semblait dans l’attente… Peut-être n’avait-elle jamais trinqué au bonheur ? Je versais quelques bulles dans chaque verre et portais un toast à notre collaboration. La bouteille finit sa vie sans un pli.

Le lendemain matin me trouva un peu raide. Je veux dire qu’allongée sur le canapé où j’avais passé la nuit j’eus quelque mal à me lever.

 

Sur la table du salon gisaient deux verres et une bouteille de champagne vide. J’avais un peu mal à la tête…


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Fiction, Souvenirs récents, souvenirs d'antan - Communauté : Passeurs d'espoirs - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 22:01

LES DOUCES MAINS DE VIOLETTE

 

 

douces-mains-de-violette.jpg

 

Elle contemplait sa main sans vraiment la reconnaître... Elle s’apprêtait à frapper à sa porte, comme chaque matin vers 11 heures, depuis qu’un jour sombre de novembre, un jour de grand vent, l’an passé, il était venu s’échouer aux « Fous de Bassan » comme une épave.

 

Quel évènement l’avait jeté là ? Devant quel tourment avait-il pris la fuite ?

 

Elle hésitait à entrer. Aujourd’hui était un jour particulier. La veille, Svart Robinson était resté des heures dans le parc, le regard noyé dans le vert glauque des cèdres du Liban face au banc sur lequel il avait pris l’habitude de s’asseoir aux heures les plus chaudes. Derrière le carreau de la fenêtre de l’office, Violette l’avait observé longuement. Parmi tous les pensionnaires si prévisibles de la maison de retraite, Svart Robinson était le seul qui méritait son attention. Dès le début elle l’avait trouvé « différent ». Le léger sourire qui flottait sur ses lèvres lorsqu’elle entrait dans sa chambre le matin… et le regard qu’il lui lançait lorsqu’elle s’apprêtait à l’aider à sa toilette. Au contraire des autres pensionnaires, il ne manifestait ni trouble équivoque, ni gêne pudique et malgré les gestes pourtant si intimes qu’elle lui prodiguait elle sentait bien qu’aucun sentiment de faiblesse ou de honte n’émanait de ce vieux corps fatigué. Dès le début, le silence s’était installé entre eux, naturellement, mais l’échange visuel avait été tout de suite chargé de multiples sentiments.

 

Violette avait, elle aussi, dix ans plus tôt, échoué aux « Fous de Bassan », comme un corps mort à la dérive. Sa grande disponibilité, même pour les tâches les plus ingrates, sa facilité d’adaptation et surtout sa parfaite maîtrise du massage avait eu raison des réticences de la direction à employer et à faire régulariser la situation de cette « sans papiers ». Nul n’avait jamais su d’où elle venait, ni quels drames l’avaient conduite ici. Violette avait trente ans ou peut-être plus, elle avait trouvé là un havre et il lui semblait gratifiant d’offrir ce qu’elle savait faire de mieux à ceux qui manquaient, dans cette parenthèse aseptisée, de l’essentiel : qu’on les touche, qu’on les palpe, qu’on les effleure, qu’on les tapote, qu’on les pétrisse, qu’on les malaxe, qu’on les frictionne, qu’on les étire, qu’on les secoue pour qu’ils ressentent à nouveau leur corps et se sentent exister. Nul n’aurait pu dire aux « Fous de Bassan » ce qu’était un « Mulgaradock » sinon un de ceux qu’elle avait fui des années plus tôt. Mais elle possédait la science qui permet d’arrêter le vent ou la pluie, de faire tomber la foudre sur celui que l’on hait, mais plus justement, par les mains, d’effacer la douleur ou la maladie, de redonner la force à ceux qui sont affaiblis.

 

Au fil des jours et des saisons, Svart et Violette avaient appris à se connaître. Pourtant elle ne se souvenait pas qu’ils aient jamais échangé une seule parole. Non, entre eux s’était instauré un autre échange. Plus profond. Un échange qui se passait de mots mais où circulaient beaucoup d’émotions. Peut-être, aujourd’hui, n’avait-il plus besoin des soins infirmiers d’une aide-soignante, mais d’un accord tacite ils n’avaient rien changé à leurs habitudes. Tout au plus l’aide à la toilette s’était-elle allégée, laissant plus de temps aux soins de confort que Svart Robinson semblait apprécier au plus haut point.

 

Finalement Violette frappa à la porte et entra sans attendre. Elle fut surprise de le trouver debout, derrière la fenêtre. Il se tourna vers elle pour l’accueillir d’un sourire muet.

 

Violette s’avança et lui prit les mains, doucement, l’accompagna jusqu’au fauteuil et rencontra ses yeux. Son regard accompagna son geste, avec la même douceur. Svart Robinson la laissa faire et se laissa couler dans cette extrême béatitude où le plongeaient toujours les soins quotidiens de Violette… ses mains étaient si douces. Sous la presque caresse son esprit s’envola, là-bas, loin derrière lui, à des miles nautiques des « Fous de Bassan »,  au-delà de ce que l’œil peut distinguer sur la courbe arrondie de l’horizon, un endroit déjà vu où la peau des femmes avait la couleur ambrée des mains de Violette. Cet endroit l’appelait, le rappelait. Depuis quelques semaines il ne pouvait se résoudre à finir de sombrer dans l’eau profonde des branches basses du Cèdre du Liban… Mais il y avait Violette…

 

Violette commença sa séance en massant les mains crevassées, parcheminées, burinées de Svart Robinson. Des taches brunes fleurissaient sur la peau tannée. Elles s’étalaient comme des terres inconnues sur une carte marine et racontaient sans doutes ses années d’errance sur toutes les mers du globe. Comme des îles au milieu d’océans exotiques, elles dessinaient une géographie riche de sa propre histoire. Cette tavelure au bas du pouce gauche était-ce en Indonésie dans les années soixante ? Et cette crevasse à l’aplomb de l’auriculaire, un échouage sur les côtes d’Afrique du Sud avant guerre ? Lui-même pouvait passer des heures à lisser ses avant-bras doucement tout en explorant ses pseudo cartes marines. Elle le voyait souvent, sur son banc, retourner ses mains et regarder longuement ses paumes,  y lisait-il alors les fleuves et les rivières, les deltas orientaux, les mangroves africaines… s’évadait-il dans une histoire qu’il n’était même pas sûr d’avoir déjà vécue ? Les mains de Violette sur ses propres mains, chaque matin, ravivaient-elles ses souvenirs ? Elle avait le sentiment que l’attention particulière qu’elle lui portait le maintenait debout, vivant…

 

Violette quittait maintenant  ses mains pour lui masser les épaules, lentement, palpant les nœuds, lissant les zones tendues jusqu’à les contraindre à s’assouplir. Il était étonné de la voir si frêle et pourtant si parfaitement directive et efficace. Sous la ferme pression de ses mains douces, Violette réussissait chaque jour à tonifier pour quelques heures ce corps qui s’entêtait encore, parfois, à lui échapper mais dont il sentait, de jour en jour qu’il retrouvait un peu de l’énergie passée. Il sentit les paumes fraîches s’attarder sur sa nuque, palper les cervicales et ne put réprimer un frisson d’aise. Il sentit aussi qu’elle souriait dans son dos. En éventail, les doigts fins et légers remontaient du bas du crâne jusqu’aux tempes en un mouvement lent et doux, rythmé semblait-il par sa propre respiration. Ses longs doigts s’enfonçaient dans sa tignasse blanche puis d’une pichenette lui pinçaient la peau pour relancer la circulation sanguine.

 

La séance ne s’éternisait jamais, tout au plus durait-elle une vingtaine de minutes, mais Svart savait retrouver Violette dès le lendemain et cette attente, même,  était douce et vivifiante. Derrière lui, Violette prolongea son massage, du crâne vers les épaules et des épaules vers les bras, les deux mains descendant lentement, presque enlaçant le grand corps maigre de l’octogénaire. Puis d’une petite tape finale sur le dos des deux mains, elle lui signifia la fin de la séance.

 

Svart rouvrit les yeux et quitta à regret les îles… plus proches de son futur qu’elles ne l’avaient jamais été. C’est Violette qui le lui fit comprendre.

Elle se pencha vers son oreille et, pour la première fois, prononça quelques mots…

 

Puis elle regarda sa main, saisie d’une soudaine inquiétude. Et si elle s’était trompée ?

 

Le regard brillant qu’il lui lança balaya toutes ses craintes. Demain, ensemble, ils partiraient.

 

Le vent s’engouffra dans les branches basses du cèdre du Liban qui sembla sur le point de protester, Svart portait déjà son regard au-delà. Quant à Violette, éblouie par sa propre audace, elle ne regardait plus sa main, elle ne voyait plus rien.


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Fiction, Souvenirs récents, souvenirs d'antan - Communauté : Passeurs d'espoirs - Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 14:55

 

 

You said You'll never leave me


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Mes coups de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 22:13

"Vacances" cela veut dire aussi "temps de repos" ou "vide ou absence momentané(e)"... ce fut le cas depuis de trop nombreuses semaines où se sont télescopé périodes de déménagements et d'emménagements, d'hospitalisations et de convalescence... les pluriels sont importants dans la donne, bref, disons que j'avais pris mes "quartiers d'été" mais que je suis enfin de retour ! Je squatte encore le chantier qui devient de jour en jour ma nouvelle maison, ... je vous rassure, rien à voir avec le squatt de cette photo !

 

squatt.jpg


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Images de hasard - Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 11:01

Juste une petite image de la dernière "arrivée" dans la famille. Elle s'appelle Moïsa, elle a trois mois, elle passe ses journées à dormir et ses nuits à courir dans tous les coins de la maison !

 

moisa.jpg


Par Martine, Pèlerine et Citoyenne du Monde - Publié dans : Vie privée - Communauté : Passeurs d'espoirs - Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires

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